Apprentissage en école internationale et le bilinguisme

Cela fait quelques temps que j’ai envie de vous partager mon retour d’expérience de l’apprentissage des enfants dans un contexte international.

Les enfants se sont-ils bien adaptés ? Combien de temps cela prend d’être à l’aise en Anglais pour un enfant ? Est-ce qu’ils ont des copains plutôt Français ou pas ?

L’Ecole Internationale

Depuis Août 2019, nos 3 enfants sont inscrits en école internationale. La plus jeune (Agathe) en « Nursery », notre moyen (Théo), en Year 1 et le grand (Mael) en Year 5.

En France, ils seraient en Petite section, Grande section et CM2.

Year 1 correspond à la 1ère année de primaire, qui compte 6 années (Year 1 à Year 6).

Nos enfants sont très différents les uns des autres, surtout les 2 garçons (les ainés), avec des âges très différents, ce qui fait que leurs apprentissages sont aussi très différents.

Leurs professeurs sont vraiment supers.

La maîtresse de Théo a su, dès le début de l’année, le mettre à l’aise et c’est grâce à elle qu’il ne s’est pas bloqué.

Pour la petite anecdote, un jour en début d’année, Théo voulait répondre à une question qu’il avait comprise mais il ne savait pas parler Anglais. Il a quand levé la main. Sa maîtresse était ravie et l’a envoyé, avec son assistante, voir la prof de Français pour qu’il lui donne sa réponse, qu’elle a ensuite traduit pour que l’assistante revienne avec la réponse en Anglais.

C’est arrivé plusieurs fois, et une autre fillette de la classe dont le papa est Français et qui parle donc Français l’a aidé de temps en temps en début d’année.

Cela a suffi pour que Théo se sente à l’aise, ait confiance en lui et progresse très rapidement.

Il faut dire qu’il a un tempérament de guerrier qui n’a peur de rien.

Ce qui est assez marrant, c’est qu’il apprend vraiment en mode phonétique et grâce à une bonne oreille, puisqu’il ne savait pas encore lire en début d’année.

Ça donne par exemple des phrases du style : « I don’t member » au lieu de « I don’t remember », car on entend peu le « re » de « remember ».

Au bout de quelques semaines, il comprenait déjà très bien ce qu’on lui disait. (Il se peut que le fait que je leur parle Anglais depuis très longtemps, principalement dans le jeu, et qu’ils aient habituer leurs oreilles à l’Anglais pendant 1 an ait beaucoup aidé).

Notre ainé n’avait jamais fait d’Anglais à l’école puisqu’il avait appris un peu d’Italien en CE1 et CE2.

Pendant notre année en vadrouille, il a appris un peu de vocabulaire, et comme on parlait beaucoup anglais, on s’est rendu compte qu’il commençait à comprendre le sens de la conversation à la fin de notre année. Il a fait 6 semaines d’école internationale fin Mai et Juin, alors qu’il ne parlait pas Anglais et ça s’est plutôt bien passé. Un garçon de sa classe était Français et l’a beaucoup aidé.

Mael étant timide, il participe moins à l’oral mais a pris ses marques et quand il a besoin de s’exprimer en Anglais sait le faire.

Ce qui est assez « drôle », c’est que Théo a un très bon accent, puisqu’il apprend vraiment en mode phonétique (et il a l’air plutôt auditif). Alors que Mael a plus un accent Français. Il a l’air plutôt visuel et donc je pense qu’il apprend plus en lisant ou ayant une image visuelle des mots.

Plusieurs points qui aident plus Théo aussi :

Théo est plus jeune, et j’ai entendu récemment dans un chouette podcast sur le bilinguisme qu’avant 6 ans, l’enfant apprenait de façon intuitive. De plus, Il est à l’aise avec n’importe qui et peut parler des heures. Il a donc plein de copains/ines à l’école et échange beaucoup, ce qui l’aide énormément à avoir un bon niveau d’anglais. Pendant les récrés, ils jouent en discutant, dessine en discutant avec ses copines…

Mael n’est pas à l’aise avec tout le monde. Il ne discute pas / ne joue pas avec les filles, et il n’a que 3 autres garçons dans sa classe, avec lesquels il n’a pas une connexion particulière (aucun Français dans sa classe).

Pendant les récrés, il joue plutôt à des jeux physiques qui requièrent peu de dialogue (Chat, foot, ping-pong …)

Quand à Agathe, qui est très timide, elle n’ose pas encore s’exprimer en Anglais. Elle a des copines qui ne parlent pas Français et finalement, leur langage est principalement physique. Elle commençait à vouloir parler à ses copines (« come », « do you want to come over » …) mais le confinement n’aide pas. Elle a donc une préférence pour les copines Françaises ces derniers temps car elle aime vraiment beaucoup s’exprimer dans le jeu.

Une chose qui aident beaucoup les enfants dans leur apprentissage de l’anglais est de faire des activités extra-scolaires.

Théo et Mael assistaient à des cours d’Art qui se faisaient en Anglais. Ils devaient raconter aussi ce qu’ils créaient ce qui les aidaient à s’exprimer en Anglais.

Le sport se fait aussi en Anglais.

Apprentissage de la lecture et écriture

Je n’avais jamais pensé que l’apprentissage de la lecture et celui de l’écriture pouvaient être décorrellés.

En effet, Théo est bien plus à l’aise quand il s’agit d’écrire, activité qu’il aime beaucoup que quand il s’agit de lire.

Ecrire, c’est s’exprimer, et il adore ; il arrive facilement à transcrire des sons en lettres.

Par contre, il n’aime pas lire, car cela lui demande encore trop d’effort.

Aussi, apprendre à lire en Anglais ET en Français en même temps, c’est extrêmement complexe.

Un exemple :

Il y a quelques jours, il apprenait le son [i] en anglais, qui peut s’écrire « ea », ou « ee », « e » …

Et le lendemain, dans sa lecture en Français, il devait à un moment lire un mot avec « PE », qu’il a lu [pi] puisqu’il avait assimilé le « e » en son [i] .

Vous me suivez ?

On doit aussi apprendre plusieurs écritures différentes.

Dans les pays anglophones, on apprend en général à écrire et lire en script, alors qu’en Français, on apprend l’écriture cursive.  Cela fait donc 4 différentes façons d’écrire 1 lettre : Les capitales et minuscules script, et les capitales et minuscules cursives.

 Et les méthodes d’apprentissage sont en plus différentes.

En Anglais, la maîtresse de Théo utilise la méthode globale, alors qu’en Français, sa maîtresse utilise la méthode syllabique.

Alors, on peut comprendre que toutes ces complexités n’aident pas pour la lecture.

Pour l’écriture, Théo ne se débrouille pas trop mal, puisqu’il s’agit plutôt de faire travailler son écoute et de retranscrire ce qu’on entend.

Qu’en est-il de l’école à distance 

Je fais exprès de ne pas utiliser le terme d’école à la maison qui n’a rien à voir avec l’école à distance.

L’école à la maison est en général un choix éducatif, et c’est le parent (ou autre) qui a le rôle de tuteur.

Dans notre cas (et celui d’une bonne partie des écoliers du monde entier maintenant), les cours sont donnés par les instituteurs/trices et les parents sont censés être plutôt les coordinateurs.

Je pense qu’aucune école n’a été formé à cette discipline et les débuts n’ont vraiment pas été faciles.

J’avais une longueur d’avance sur certains parents puisque j’avais fait une année de « homeschool » avec Mael (Unschool avec Théo et Agathe) et je savais déjà que ça n’allait pas être facile.

On peut dire que depuis peu, ils ont un agenda plus ou moins adapté et que ça marche à peu près, mais il est sûr que concernant l’apprentissage de l’anglais, mes enfants auront pas mal perdu.

Déjà, ils n’ont pas eu de cours en ligne d’Anglais avant quelques mois, alors qu’ils ont 3h par semaine de renforcement en Anglais. Théo n’avait que 3 x 20 min d’école en ligne par semaine, mais qui avait l’avantage d’être interactif ; et Mael avait 45 min 4 fois par semaine, mais seule la maîtresse parlait.

Les premiers mois, les écoles étaient fermées, mais nous n’étions pas confinés ; alors les enfants continuaient quelques activités extra-scolaires, et voyaient leurs copains. Mais ils ont quand même encore tendance (surtout Mael) à préférer rencontrer leurs copains Francophones.

J’ai remarqué au bout de quelques semaines que les enfants perdaient en Anglais. Puis, le confinement n’a pas aidé. Aujourd’hui, je vois que Théo a plus de mal à s’exprimer en Anglais alors qu’il n’avait presque plus de problème il y a quelques mois.

Heureusement, aujourd’hui, ils ont plus de sessions interactives avec leur classe et ont à nouveau de l’Anglais en cours en ligne quelques fois par semaine, ce qui aide beaucoup.

Quand à Agathe, elle a beaucoup perdu en Anglais. Elle était dans une phase où elle aurait éventuellement commencé à s’exprimer, mais elle est finalement repartie en arrière. Elle a l’air de plutôt bien comprendre, mais elle ne veut toujours pas s’exprimer. On verra l’année prochaine…

Une petite note du le bilinguisme :

Aujourd’hui, j’ai écouté un podcast très intéressant sur le bilinguisme chez les enfants.

On y parle de ces enfants qui deviennent bilingues à différents stades de leur apprentissage, de retour d’expériences, et de conseils. N’hésitez pas à l’écouter.

Aussi, après 1 an ici, je suis toujours impressionnée par ces enfants, quelque-soit leurs âges, qui parlent 2, 3 ou 4 langues.

Dans l’école des enfants, nombreux sont ces enfants ! Il y a beaucoup d’Eurasiens, qui parlent le Vietnamien, l’Anglais, et une autre langue comme le Français, l’Allemand, le Flamand… Et ils ont cette capacité de switcher d’une langue à une autre sans aucun problème.

Conclusion sur l’apprentissage de l’anglais

Une des raisons de notre installation ici était que nos enfants apprennent l’Anglais et n’aient pas de difficultés plus tard dans cette langue internationale. Nous en avons « souffert » tous les 2 et avions envie d’offrir cette chance à nos enfants. Nous voulions aussi pour eux un autre système d’éducation.

Résultat, nous sommes plutôt satisfaits dans l’ensemble, et malgré le peu de mois d’école que les enfants auront eu cette année (qui nous auront coûté un bras puisque c’est une école privée et que rien ne nous ai remboursé), les enfants ont un niveau d’Anglais plutôt correct.

J’en profite pour rajouter, pour ceux qui se demandent quels sont nos projets pour l’année prochaine, que nous avons décidé de rester ici. Nous nous sentons vraiment bien et je suis tellement heureuse de notre choix ! Je m’en fais la remarque presque tous les jours et quand je suis sur mon petit scooter, je savoure mon bonheur à 200%. Je me sens libre, heureuse, vivante !!!!

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